sommes-nous faits pour vivre ensemble

Hommes et femmes : sommes-nous faits pour vivre ensemble?

La vie conjugale résiste souvent mal au quotidien et est facteur de désillusion chez de nombreux cohabitants. Finalement, ne sommes-nous pas destinés à vivre séparés ?

Derrière la question, une réalité : de plus en plus de couples choisissent de vivre séparément pour, selon eux, préserver leur relation. A voir la hausse de la courbe des divorces, on peut légitimement se demander s’il est encore judicieux de s’installer ensemble.

Les couples du passé étaient-ils plus tolérants ? Avaient-ils un secret pour rester ensemble malgré les turbulences ?

Les stats de la séparation :

Les études montrent que 20% des couples se quittent après cinq ans de cohabitation. 30% après une dizaine d’années de vie en commun, alors que l’on vivait encore au moins une quinzaine d’années ensemble dans les années 80.

A quoi, à qui la faute ? Retournons en arrière : avant les années 60, les rôles de chacun étaient beaucoup plus figés et préétablis. La femme restait au foyer pour s’occuper de l’intendance alors que son conjoint ramenait l’argent de l’extérieur. Le divorce était mal vu. Les femmes bénéficiant de peu de revenus propres, elles n’avaient pas les moyens de s’émanciper, et restaient souvent par nécessité.

Evolution des mœurs et émancipation financière. Seulement ?

Peut-être aussi avons nous changé notre regard sur la vie de couple, au fil des générations. Peut-être en attendons-nous trop : à force d’être idéalisée, la relation ne peut que nous décevoir. Baignés en permanence par des images de passion par les médias, peut-on toujours trouver du charme à notre routine, avec celui ou celle dont on connait tous les contours ?

Dans une culture qui valorise l’épanouissement individuel, le train-train quotidien est inévitablement vécu comme un échec.

Peut-on croire à la vie de couple ?

Dans son ouvrage ‘Solo, no solo, quel avenir pour le couple ?’, la psychanalyste Fabienne Kraemer fait un constat : si faire des rencontres rapides ne présente aujourd’hui plus de difficultés, grâce aux sites, beaucoup ont du mal à continuer la relation la première nuit passée. Des couples se forment, mais c’est plutôt la peur qui règne : peur de renoncer à sa liberté, de faire le mauvais choix, peur de souffrir. On ne cherche plus à se laisser emporter par une rencontre, commente la psychanalyste, on ne prend plus les risques nécessaires pour vivre de belles histoires. 

Génération désenchantée ? Peut-être. Génération qui, en tous cas, cache son romantisme sous un pragmatisme de façade.

Il faut dire que l’époque n’aide pas : matérialisme au détriment du bien-être, impératifs de réussite sociale, actualité anxiogène, les couples actuels ne disposent pas des moyens qui permettent à chacun de se poser, d’être dans l’écoute de soi et de l’autre. Et pour qu’un projet fonctionne, il faut y injecter du temps et de l’énergie, des ressources de plus en plus précieuses.

Les sujets de discorde :

Quand les couples consultent un thérapeute, ce sont souvent les mêmes sujets qui reviennent sur le tapis. L’institut national d’études démographiques (INED) a mené une étude sur le sujet, souhaitant savoir quelles étaient les principales sources de conflit. Pour cela, environ 2000 femmes et 1500 hommes ont été interrogés.

Il ressort de l’enquête que quelque soit le sexe, quatre sujets de dispute sortent systématiquement du lot : les tâches ménagères, les parents (la relation avec la famille ou belle-famille), l’éducation des enfants et l’argent. L’INED note toutefois une différence dans les hiérarchies, selon les genres :

Pour les hommes : Pour les femmes :
  1. les parents
  2. l’argent/l’éducation des enfants
  3. les tâches ménagères
  1. les tâches ménagères
  2. l’éducation des enfants
  3. les parents

On le voit : les sujets restent sensiblement pareils mais l’ordre diffère. Les griefs des femmes vis-à-vis de leur compagnon touchent généralement à leur implication dans le foyer et à leur investissement relationnel ou pratique.

Dans les couples, ce sont encore en majorité les femmes qui sont responsables de l’hygiène du foyer et de l’éducation des enfants, même si elles travaillent à l’extérieur. Une inégalité qui semble bien opportunément échapper à l’attention de ces messieurs…

Quoi qu’il en soit, les disputes affectent tout autant un sexe que l’autre et la souffrance est partagée tant par les femmes que par les hommes, même si eux l’intériorisent. Dans le fond, nous ne sommes peut-être pas si différents que cela. Alors que mettre en place pour pouvoir vivre en commun ?

Survivre heureux ensemble ?

Vivre séparés est une tendance en augmentation, surtout chez les couples reformés sur le tard qui en ont la capacité financière. Cependant, beaucoup espèrent encore une vie de couple traditionnelle, sous le même toit. Et bonne nouvelle : ce n’est pas un idéal inatteignable, si l’on met quelques bonnes pratiques en place :

1. Respecter le territoire de l’autre : ses envies, son univers, son espace, ses petits secrets, bref, son individualité. Cette personnalité nous a plu au départ, alors essayons de ne la changer (oui, oui, même si c’est pour son bien !)

2. La transparence : pourquoi tout se dire, dans le fond ? A-t-on une obligation de transparence totale ? Un couple, ce sont deux ensembles avec une intersection commune : toi, moi, et toi & moi. Mais je continue aussi à exister sans toi. Tant que le jardin secret ne porte pas sur de la trahison, préservons-le précieusement, car il nous enrichit.

3. L’équité : mettons-nous rapidement d’accord sur la répartition. En bonne trop gentille fille, on a tendance à en faire trop dès les premiers moments de la relation, pas vrai ? On a envie de le chouchouter, notre petit bonhomme, de jouer à la petite maman ! D’un côté, il est normal d’avoir envie de prendre soin de l’autre, mais là où ça dérape, c’est lorsque s’installe une relation déséquilibrée du type parent-enfant. Et qui, un jour, va commencer à nous peser. C’est pourquoi il est judicieux – pour les deux – de fixer ses limites rapidement et de ne pas négliger cet aspect : discutez rapidement dès le départ de l’attribution des charges.

4. L’argent : enjeu de dispute car enjeu de pouvoir. En effet, celui qui détient les cordons de la bourses dans le couple prend la position ‘haute’, et place l’autre dans une situation subalterne, de dépendance. Or, pour continuer à s’aimer avec le temps, il faut mettre en place une égalité de moyens. Avec le travail, les femmes se sont émancipées mais elles restent majoritaires à prendre des mi-temps pour s’occuper de la famille, tâche évidement non rémunérée qui n’est pas comptabilisée en cas de divorce. Là aussi, il va être capital de s’entendre rapidement sur l’équilibre financier et la prise en compte du travail d’intendance. Vos heures à vous occuper de la bonne marche domestique, si vous avez un temps partiel ou ne travaillez pas à l’extérieur, doivent être valorisées comme étant votre contribution à part entière et non un dû.

5. Le temps : entre le travail, les enfants, les obligations, les couples s’essoufflent et perdent de vue ce qui les a unis. Il est pourtant essentiel de pouvoir ramener la relation à un rythme plus humain, qui permette de se relier l’un à l’autre. Ne faites pas l’impasse sur un weekend à deux – si possible ailleurs que chez vous, complètement déconnectés du quotidien. Sachez lâcher du lest de temps en temps. Ne zappez pas les bienfaits de la paresse et du plaisir, considérez-les comme des ingrédients nécessaires à votre vie.

6. De l’importance du sexe : le désir a tendance à s’émousser avec les années, on ne vous l’apprend pas. Les soucis du quotidien et les tensions qu’ils génèrent ont un impact négatif sur le désir. Et pourtant, pour préserver une bonne entente, rien de tel que de soigner sa relation physique. Le rapport charnel, et plus globalement la sensualité entre les partenaires – les caresses, les baisers, le toucher – stimulent la production d’ocytocine, qui est l’hormone du lien. Bien entendu, on ne résout pas les problèmes par une partie de jambes en l’air, mais il est important que les partenaires se touchent régulièrement pour apaiser les conflits. Vous en doutez ? Pensez aux bonobos et à leur manière d’apaiser les tensions …

7. La gratitude : le temps passant, on finit par prendre les choses pour acquises. Dommage, parce que le simple fait de dire merci pour les services rendus, pour l’écoute ou le soutien peut avoir un impact très positif sur la relation. Comme vous en faites probablement plus que lui, vous ne vous doutez pas de l’importance qu’a cette reconnaissance aux yeux des hommes : s’ils ne l’admettent pas facilement, ils sont pourtant très sensibles à la gratitude. Ne nous privons pas de cette ressource, qui, utilisée avec sincérité, mettra la relation sur les rails d’un cercle vertueux.

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1 Comment

  1. Coucou 🙂 C’est juste un super article 🙂

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