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J’apprends à dire non !

Quand on est une femme, surtout trop gentille, on peut avoir du mal à dire non. S’ensuivent alors malentendus, frustrations et perte d’estime de soi. Comment refuser sans blesser ?

Le difficulté à dire non nous vient principalement de notre éducation. Souvenez-vous de vos premières années, celles où vous appreniez l’affirmation en vous refusant à tout : le « non » est naturel chez les tous-petits. C’est ensuite que les choses se corsent. Lorsque se forme le surmoi (intériorisation des codes de notre culture), le désir de plaire en se conformant se fait pressant. On accepte par besoin d’être dans la norme, de ressembler aux autres.

D’autres facteurs peuvent être à l’origine de cette difficulté à respecter ses propres limites, comme un vécu familial : un enfant ayant connu des parents autoritaires, culpabilisants, dévalorisants, ou encore une atmosphère de non-dits, peuvent l’amener plus tard à avoir des problèmes d’assertivité.

Mais justement, qu’est ce que l’assertivité ?

Il s’agit de la capacité à s’exprimer et à défendre ses droits sans empiéter sur ceux des autres, concept inventé par le psychologue américain Andrew Salter au début du XXème siècle. Suivant son auteur, l’apprentissage de l’assertivité nous permettrait de mieux nous respecter tout en respectant les autres, de mieux communiquer en identifiant nos attitudes les plus fréquentes. Alors posons-nous la question suivante : quels freins intérieurs font que je m’empêche de refuser en toute sérénité? Pourquoi ne puis-je mettre mes limites ?

A cet égard, le témoignage de Martine, 45 ans, est un parfait exemple de conflits liés à l’enfance et des croyances auto-limitantes qui en découlent : Seule fille d’une fratrie de quatre, l’idée même de refuser lorsque mes parents me sollicitaient pour les tâches ménagères ou m’occuper des plus jeunes me paraissait inconcevable, même si je le ressentais comme injuste. Plus tard, j’ai rejoué le même rôle dans ma vie professionnelle et amoureuse, en étant trop gentille, trop serviable. Je réalise aujourd’hui que le fait de ne pas oser dire non me vient de mon éducation, où refuser un service était une sorte d’irrespect, de désobéissance. Et qu’une fois adulte, c’est la peur du rejet qui me fait tout accepter.

Identifier ses peurs, ses angoisses … et se préparer à un conflit potentiel.

Dire non pour se respecter : savoir ce que ça nous fait

Parce qu’on ne sait pas toujours immédiatement ce que l’on ressent, il existe une technique mise au point et appliquée par les canadiens qui consiste à rentrer en soi pour savoir ce que nous dit notre instinct.

C’est la technique du : Ça me fait oui ou ça me fait non ?

Elle nous demande de nous arrêter quelques instants sur notre ressenti (boule dans la gorge ? ventre qui se serre ? respiration bloquée ?) et de prendre un décision en tout état de cause. Car notre corps, lui, sait immédiatement l’élan positif ou négatif que provoque tel ou tel choix, ce qui n’est pas toujours le cas du mental.

Cette technique permet d’être plus en phase avec ses désirs profonds, de ne plus répondre comme un automate et d’offrir une réponse plus authentique. Et ça, ça fait un bien fou !

Pour oser refuser : relativiser les conséquences

Lorsque l’on est enfermé dans le cercle de la culpabilité ou de la dévalorisation, on a tendance à grossir le trait sur les conséquences possibles de son refus. Pourtant il nous faut apprendre à relativiser : les choses ne seront sans doute pas aussi graves qu’on ne se l’imagine.

Apprenons à remplacer ces pensées toxiques par des idées plus libératrices : J’ai dit non et il me rejette ? Ok. Était-ce alors un véritable ami ?’ou : J’ai le droit de me respecter.’Ou encore : On ne peut pas être toujours aimé par tout le monde, et c’est normal.

Vous voyez le principe ? Dédramatiser et rationaliser.

Pour s’exercer, on commence par de petits exercices au quotidien : tournée des boutiques où l’on décline poliment ce que la vendeuse nous propose. Corsons ensuite l’affaire avec un refus auprès d’une copine insistante pour finir avec des situations qui vous mettent vraiment mal à l’aise. Le tout est d’y aller progressivement, de rester courtoise, souriante … et ferme sur votre refus.

A cotés de vos petits exercices, on doit se donner le droit de postposer sa réponse : avez-vous remarqué que l’on se sent toujours obligés de répondre tout de suite ? Or, personne ne peut raisonnablement donner une réponse authentique dans la seconde (pour des décisions un minimum conséquentes, vous l’aurez compris !). Demander à son interlocuteur un moment de réflexion est une réaction tout à fait appropriée et légitime. Cela vous permettra de mettre en pratique le : « Ça me fait oui ou ça me fait non ? » et de répondre plus en phase avec votre désir réel.

Ne vous inquiétez pas, cela ne vous fera pas passer pour une indécise, mais au contraire pour quelqu’un de sage et de réfléchi. Et si ce n’est pas le cas … est-ce que cet interlocuteur en valait tellement la peine ?

Vous voyez ! Ça commence à venir !

Points-clé :

  • Identifier ses peurs, ses angoisses
  • Appliquer le : ‘Ça me fait oui ou ça me fait non ?’pour mieux cerner que l’on veut
  • Accepter que les conflits soient naturels et inévitables dans la vie
  • Relativiser les conséquences de son refus
  • Faire de petits exercices de refus quotidiens et progressifs en difficulté
  • Oser postposer ses réponses

Et enfin, laissons le mot de la fin au philosophe Michel Lacroix dans son livre Le courage réinventé  : Dans son sens premier, le courage était une vertu guerrière. De nos jours, oser dire non sans colère, être capable d’affirmer son opinion sans violence dessinent une nouvelle forme d’audace.

L’audace ? Quelle belle idée pour une trop gentille fille, n’est ce pas ?

Et vous, des témoignages à apporter ? N’hésitez pas : partager, c’est bon pour la santé !

 

5 Comments

  1. Coucou Betty 🙂 Il est excellent ton article, un vrai plaisir à lire 🙂 Pour les vendeuses, j’arrive bien à dire non 😉 Bisous

  2. Un article encore très intéressant! Je partage!
    Bisous à toi et à plus sur nos blogs respectifs!

  3. Merci à toi et à bientôt, oui …

  4. elodie muco

    Excellent article!

  5. Merci Véro pour tes encouragements. Ça fait du bien !

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