peur du rejet

J’ai peur du rejet

Etre trop gentille, c’est : trop donner aux autres, se culpabiliser et avoir du mal à dire non. Dans nos veines coule la peur du rejet, celle qui nous barre la route vers l’épanouissement. Quelques idées pour s’en affranchir :

Le besoin d’acceptation :

La pyramide des besoins, vous connaissez ? Il s’agit d’une représentation élaborée par Maslov, un chercheur en sciences sociales, qui a hiérarchisé des besoins humains sous une forme pyramidale, dès 1943. On y retrouve les besoins physiologiques à la base (dormir, manger, respirer, être dans un environnement sécurisé, …) mais également, dans les niveaux supérieurs : le besoin d’être acceptés par les autres.

Nous sommes des animaux sociaux et avons tous besoin de reconnaissance et sécurité affective. Il y a à cela une explication socio-biologique : les individus bien insérés dans un groupe ont plus de chances de survie que les autres. Le groupe protège !

C’est dès la prime enfance que ce désir d’acceptation se manifeste. Dans les cours d’école, les enfants créent des alliances, pour se rassurer. Ils cherchent à être acceptés des autres et malheur à celui qui n’est pas inséré : il fait rapidement l’objet de moqueries. Comme chez les singes, le bannissement du groupe chez l’être humain est une expérience qui peut mener à la dépression (et même au décès).

Autrement dit, la nécessité d’être intégré à un groupe social, est fortement ancrée en chacun d’entre nous. Besoin d’acceptation et peur du rejet sont les deux faces d’une même pièce.

Chez certains, la peur du jugement négatif, de la critique, de l’exclusion peut devenir pathologique et empêcher de vivre pleinement. Sarah est secrétaire de direction dans une société d’import-export, elle témoigne : ‘Je ne suis plus bien du tout dans mon boulot. A cause du caractère autoritaire de mon supérieur, l’idée d’en changer me vient souvent. Mais je me dis qu’il y a tellement de gens sur le marché de l’emploi que je dois m’estimer heureuse avec ce que j’ai. En plus, me remettre sur la marché de la recherche d’emploi m’épuise déjà à l’avance mentalement…’

Bien entendu, le marché de l’emploi est saturé. Et la recherche épuise. Mais qu’est-ce qui empêche VRAIMENT Sarah d’essayer ? La vérité est qu’il lui semble trop dangereux de se mettre en déséquilibre, en position instable et de prendre le risque d’être recalée. Elle le sait, son ego pourrait ne pas s’en remettre car il est fragile.

Alors, comme elle souffre d’une – trop – grande sensibilité au rejet, elle préfère ne pas essayer.

Peur du rejet et estime de soi : 

Si l’enfant se construit dans l’acceptation par le groupe, nous sommes censés avoir développé suffisamment notre estime de soi, une fois adultes. Et c’est ce qui nous permet de ne pas sombrer à la moindre critique.

Une bonne estime de soi est d’ailleurs jaugée par les psychologues comme la capacité à savoir se relever des échecs et les coups durs, sans remettre sa valeur propre en question. Ceux qui ont une bonne estime de soi acceptent mieux les aléas de la vie, les incertitudes, la prise de risque et la possibilité d’un refus.

Ils ont cette capacité à relativiser les échecs sans y voir systématiquement quelque chose de personnel et de réessayer encore, en modifiant un peu leur angle d’attaque. Ils osent, et on les envie d’oser, tout en se disant : ‘moi, je n’oserais jamais.’ Et pourtant …

Comment augmenter sa résistance à l’échec ?

Jia Jiang est un entrepreneur américain qui connait bien la peur du rejet, pour y avoir été souvent confronté. Né en Chine, il a émigré aux Etats-Unis à l’adolescence alors qu’il ne parlait pas un mot d’anglais. Ces circonstances n’ont pas aidé le jeune Jia à se sentir bien dans sa peau et accepté, dans un milieu si différent de ce qu’il connaissait.

Freiné, tiraillé des années durant par la peur du rejet, il a un jour décidé d’y mettre un terme… d’une manière pour le moins originale : en se confrontant quotidiennement à de petites doses de rejet, pour s’en désensibiliser. En augmentant progressivement la difficulté de ses défis, le Sino-américain a réussi à se libérer complètement de la peur. Il en témoigne aujourd’hui (en anglais) sur son site www.rejectiontherapy.com.

Un exemple ? Dans un restaurant de doughnuts, Jia demande à ce qu’on lui crée son doughnut personnel, garni des cercles olympiques (voir la vidéo ici).  Il est certain de voir sa demande refusée …  ce qui n’est finalement pas le cas.

Facétieux ? Osé ? Bien entendu ! Mais le but pour lui est de s’entraîner à supporter les refus.

Si ces challenges peuvent nous sembler un peu caricaturaux, à nous Européens, ce qu’il faut en retenir est qu’il est tout à fait possible de ne plus craindre le rejet social. Bien sûr, nous avons intérêt à rester dans une certaine norme et à être acceptés de nos pairs pour bien fonctionner, mais cette peur irrationnelle nous amène trop souvent à nous brider, à laisser passer les opportunités, à étouffer notre volonté réelle.

Jia Jiang, qui est aujourd’hui auteur à succès aux Etats-Unis, confie qu’il a découvert plusieurs choses étonnantes lorsqu’il était en expérimentation :

  • il a remarqué que les gens étaient beaucoup plus sympas qu’il ne le croyait
  • qu’à son grand étonnement, des gens acceptaient de bon gré ses demandes farfelues
  • qu’éviter le rejet est pire que de l’affronter, car on reste dans un cycle de crainte

Refuser la peur, c’est finalement une question d’audace, de pugnacité, mais aussi d’entrainement. Et l’auteur l’a démontré ; on peut s’en désensibiliser.

Points-clé :

1. On s’entraîne à affronter des situations de rejet :

On commence par de petits challenges (demander pour aller à la toilette dans un café, demander un entretien d’embauche directement au RH d’une société, …) Inventez-vous de petits défis que vous ne feriez pas d’habitude (avec sourire et gentillesse) et félicitez-vous dès que vous avez osé.

2. On adapte ses réactions :

En fait, ce n’est pas la situation de rejet qui pose problème en soi, mais la manière dont on y réagit : si on se laissait jusque là complètement abattre en cas de refus, on se force à relativiser, à le prendre avec philosophie. Tous les jours, des millions de gens se voient opposer des fins de non-recevoir. Pensez à tous ces grands écrivains, à ces peintres encensés aujourd’hui mais qui ont fini dans la misère à l’époque. Bref, le jugement d’autrui n’est pas un indicateur fiable sur votre valeur propre.

3. On fait mieux correspondre l’intérieur et l’extérieur : 

Parce qu’en bonnes trop gentilles filles, il nous arrive souvent de dire oui alors qu’on pense non, on se fait désormais la promesse de mieux s’écouter : on apprend à dire non avec respect pour les autres, mais aussi pour soi-même.

4. On améliore ses points faibles :

Pourquoi ne pas voir le rejet comme une opportunité pour effectuer des changements dans sa vie ? Si quelqu’un ne reçoit que des refus lors de ses entretiens professionnels, peut-être est-ce un indicateur pour lui signaler qu’il faut modifier quelque chose dans sa manière de postuler. Vêtements ? Diplômes ? Secteur ? Gare aux pensées auto-dévalorisantes du genre : ‘je n’y arriverai jamais, j’arrête tout !’ La question à se poser est plutôt : « Que me manque t-il ? Que puis-je faire pour l’obtenir ? » … une belle philosophie d’optimisation de soi.

En conclusion, retenons ceci : la peur du rejet a des origines socio-biologiques, profondément ancrées en nous, dans un objectif de survie. Elle nous vient aussi de notre culture, qui définit « ce qui se fait ou non ».

Si ces facteurs ont été importants à un moment de l’histoire de l’humanité, ils le sont moins aujourd’hui dans les pays développés, où nous sommes plus libres de notre destin. Les mœurs ont évolué rapidement. Par exemple ; il est aujourd’hui communément admis qu’une femme ait son propre compte en banque ou voyage seule. Vous souriez ? Ce n’était pourtant pas le cas dans les années ’40. Au regard de l’histoire, c’est peu. Malgré l’évolution de ce qui est ‘communément admis’, et alors qu’il n’y a plus de danger à oser, nous restons prisonniers de schémas mentaux nous obligeant à la conformité.

A nous d’en prendre conscience et de travailler notre estime de nous-même, comme un muscle, mais avec douceur et bienveillance. Et terminons sur cette citation, qui me plaît beaucoup ! Et vous ? :

Aimer, c’est risquer le rejet. Vivre, c’est risquer de mourir. Essayer, c’est risquer l’échec. Mais seul celui qui ose risquer est vraiment libre.

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2 Comments

  1. bailleux

    Et oui nous avons tous une blessure à travailler et je pense qu’en étant gentille avec soi tout va un peu mieux ! Le problème c’est que beaucoup de gens pense que faire plaisir aux autres va nous rendre heureux. MAIS pas forcément et pas uniquement ! C’est d’abord à soi qu’il faut penser, non pas par égoïsme ou égocentricité mais par Amour et bienveillance envers soi. Et quand on veut donner on ne doit absolument jamais rien attendre en retour !

  2. Je connais bien le rejet et la peur du rejet.
    Peut-être la « rejet-thérapie » est la meilleure méthode pour moi.
    Bisous à toi et à plus sur nos blogs respectifs!

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