savoir s'affirmer

Savoir s’affirmer

Nombreuses sont les filles et femmes trop gentilles à avoir du mal à s’affirmer : on craint de déranger, on s’efface devant la volonté de l’autre. Pourtant, s’affirmer positivement, cela s’apprend. Quelques trucs pour prendre sa place, en toute sérénité.

Que ce soit par peur du jugement des autres, par peur de compromettre ses relations ou par politesse, s’affirmer au féminin reste un exercice difficile. Il semblerait que beaucoup d’hommes réussissent mieux dans ce domaine que nous.

Frustrant, non ? Mais comment ça se fait ?

On peut déjà y voir une composante culturelle : depuis tout jeunes, les hommes sont invités à se dépasser, se surpasser, à être dans le challenge. Dans les cours de récréation, on observe que les petits garçons sont très tôt en compétition, qu’ils exercent sous forme de jeu. Bien entendu, cela ne convient pas à tous, mais ceux qui s’y refusent peuvent se voir déconsidérés par les autres. Du côté des petites filles, ce sont des valeurs comme la compassion, l’écoute, le dialogue qui sont valorisées. Une fille, ça doit être « gentil »…

Bref, sans même que nous nous en rendions compte, un clivage entre les sexes se construit dès le plus jeune âge…

D’autres composantes entrent également en jeu, comme l’influence de la publicité ou encore le facteur hormonal (la testostérone influence bel et bien l’affirmation de soi).

Dans le fond, peut importe, car s’affirmer, ce n’est pas faire preuve d’agressivité.

S’affirmer positivement, qu’est-ce que c’est ?

Ne pas oser s’affirmer est souvent dû à une mauvaise perception de ce qu’est l’expression de soi. On peut inconsciemment penser que cela ne se fait pas, que c’est arrogant ou présomptueux. On peut aussi avoir intériorisé le fait que l’affirmation de soi est synonyme d’agressivité.

Déconstruisons ces stéréotypes : oui, certaines personnes expriment leur volonté sans ménagement, avec brutalité. Mais s’agit-il alors d’un état d’esprit saint et équilibré ou plutôt d’un manque de confiance en soi ?

Équilibre, harmonie et confiance sont les maîtres mots de la personnalité de celui ou celle qui ose prendre sa place dans la société. Sans empiéter sur celle des autres, mais en refusant d’empiéter sur la sienne propre. Dans le respect des autres et de soi-même.

Bref, s’affirmer positivement, c’est être authentique. Convaincue ?

Comment oser s’affirmer ?

Vous connaissez ce petit démon au dessus de votre tête qui vous fait régulièrement le gros doigt ? C’est votre juge intérieur : un tyran ! Peut importe d’où il vient, de pourquoi il se manifeste, il est toujours là pour vous empêcher d’exprimer qui vous êtes, ce que vous pensez vraiment. Critique à l’excès, c’est le champion de la culpabilisation.

Petit à petit, prenons le risque de lui désobéir, de transgresser … graduellement !

En matière de savoir-êtres plus que partout ailleurs, les compétences prennent du temps avant de devenir réflexes. Longtemps, et à force d’essais-erreurs. Ceux qui « réussissent » dans la vie, ont réussi non pas parce qu’ils disposent de capacités supérieures aux nôtres – comme on se l’imagine parfois, mais parce qu’ils ont évolué par essais – erreurs – essais – erreurs – essais – erreurs – essais …. réussite !

En sachant bien que c’est un processus qui prend beaucoup de temps, mais également en ayant le courage de se relever lorsqu’ils sont est à terre. 

Ceux et celles qui craignent de s’affirmer sont souvent des personnes extrêmement exigeantes vis-à-vis d’elles-mêmes. La peur de l’échec, l’exigence les brident, les empêchent d’oser. Or oser, c’est savoir se dire que l’échec sera peut-être au rendez-vous. Peut-être pas. Mais que cela n’est pas grave, et que l’on réessayera.

Points-clé :

1. On réfléchit à ses limites : parce qu’il est important de se connaître pour s’affirmer au mieux, on définit notre système de valeurs, de pensées. Pourquoi ne pas commencer par lister dans un carnet ce qui vous tient à cœur, ce sur quoi vous pouvez transiger ou pas ? La formulation de vos opinions en public s’en verra facilitée, par la suite.

2. On commence par de petits exercices, dans des atmosphères sécurisantes : un repas familial, une réunion entre ami(e)s ? On s’exerce à marquer une opinion divergente ou un désaccord dans la certitude de ne pas être jugé. L’important est d’y aller pas à pas, de manière sécurisée, pour gagner graduellement en confiance. Et recommencer.

3. On s’entraîne à moduler sa voix, son débit : parce qu’une bonne partie des intentions de la communication passent par la manière dont le message est transmis. Ni trop agressive, ni trop brusque, mais avec confiance, sérénité et respect du point de vue de l’autre.

4. On donne une petite explication : ce qui aide votre interlocuteur à mieux accepter et appréhender votre point de vue. Prendre la peine de développer un minimum sa vision des choses amène ceux qui vous écoutent à plus d’empathie : je ne suis pas tout à fait d’accord avec ça, parce qu’il me semble que …  Expliquer pourquoi, c’est faire preuve de respect.

5. On propose une alternative : on vous demande quelque chose. Cela ne vous convient pas ou dépasse vos limites (celles que vous connaissez, désormais, pour les avoir définies). Vous refusez, d’une voix détendue et calme, et expliquez pourquoi. Pourquoi ne pas proposer une autre option ? Exemple : je comprends bien que tu aies besoin de moi pour t’aider ce jour-là, mais ça ne m’arrange pas, et j’en suis désolé(e). Par contre je peux te proposer un autre jour, qu’en penses-tu ? Voila une belle manière d’être dans le respect de soi et des autres ; on garde ses priorités tout en affirmant sa considération à son interlocuteur.

Laissons ces derniers mots à Serge Tracy :

S’affirmer ce n’est pas parler haut et fort, mais parler franc et vrai.

Quel dommage que ces compétences relationnelles ne soient pas enseignées à l’école, n’est-ce pas ?

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3 Comments

  1. Merci pour ces conseils. Il serait en effet utile de mettre au programme de l’école une pédagogie de la confiance en soi. Ce serait d’autant plus utile en raison du harcèlement, ce fléau qui se propage de plus en plus dans les écoles.

  2. Exactement, Elise. Comme tu le dis, c’est un fléau.

  3. Ça me fait penser au phénomène de l’hommeterruption ou du mecsplication. Quelle femme n’y a pas eu droit ?

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