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Se sortir de la culpabilité

A la base, la culpabilité est utile : elle favorise l’empathie entre les êtres. Sauf qu’au féminin, elle se conjugue souvent avec oubli de soi et hyper-responsabilité. Décryptage d’une émotion qui peut devenir une empêcheuse de vivre, si elle n’est pas bien gérée.

Culpabilité normale et pathologique ?

La culpabilité « normale », ça nous connaît : c’est le rendez-vous qu’on annule parce qu’on a envie de faire autre chose, en prétextant trop de travail. C’est aussi la mauvaise conscience qui s’ensuivra et nous empêchera de profiter finalement pleinement de ce moment volé aux obligations. On va s’employer à réparer notre écart de conduite par la suite.

Banal et sans gravité.

Mais à côté d’une culpabilité « normale » – et socialement utile, se distingue une culpabilité « pathologique » : lorsque qu’en rentrant du boulot, on repense en boucle à ce que l’on a fait ou dit à un collègue, lorsque l’on se questionne de manière systématique sur nos actes et paroles, on est dans le cas d’une sensibilité exacerbée pouvant être considérée comme problématique.

La culpabilité devient pathologique quand elle nous empêche de vivre pleinement nos relationsChez les personnes « hyper coupables », l’angoisse gouverne les rapports avec autrui. C’est la valse des questionnements : « Ai-je bien fait d’agir comme cela ? », « Que va t-il/elle penser de moi ? », « Peut-être n’aurais-je pas du dire ça ? »…

Notre environnement compétitif est un facteur aggravant et plus particulièrement les femmes sur qui de multiples injonctions font pression. Jusqu’à une période récente, il fallait s’occuper du foyer familial avec soin,  faire grandir les enfants. Avec, bien sûr, les sacrifices y étant liés : oubli de soi ou abnégation.

Les femmes d’aujourd’hui subissent des exigences plus nombreuses et bien souvent irréalistes : rester belle et désirable, être une mère nourricière, responsable de l’intendance générale, attentive et bonne éducatrice, en plus de réussir sa carrière professionnelle.

Performante partout, performante toujours.

Ces nombreuses obligations ne sont pas édictées sur papier, bien entendu. Mais à qui va t-on s’adresser lorsque l’enfant a un problème ? A la mère. A qui va t-on reprocher la mauvaise tenue d’une maison ? A l’épouse. Sans oublier la pression exercée par les médias pour avoir un physique aux normes.

Si cette auto-accusation féminine devient pathologique et empêche de vivre, on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a déjà, à la base, un terrain fertile à son développement.

Culpabilité, profil type : 

D’après son ouvrage sur le sujet : « Etre soi sans culpabiliser », de Sarah Famery, une personnalité à haut degré de culpabilisation peut se décrire comme suit :

  • A souvent l’impression qu’elle aurait pu faire mieux
  • A souvent du mal à savoir ce qu’elle veut
  • A du mal à défendre ses idées, ses intérêts
  • Se remet toujours en cause en cas de problème
  • A  le sentiment que les autres la jugent
  • Est peu contente d’elle-même, se dénigre
  • A  souvent le sentiment de devoir donner plus
  • A du mal à se faire plaisir (cherche plutôt à faire plaisir aux autres)
  • Ne trouve pas facilement sa place
  • Est mal à l’aise quand elle résiste à une demande de l’entourage
  • N’écoute pas ses désirs profonds
  • A souvent l’impression d’avoir tort
  • S’accorde peu de temps

Vous reconnaissez-vous dans ces affirmations ? Il se peut alors que vous soyez dans une culpabilité excessive.

Comment s’en sortir ?

Quand un juge intérieur finit par miner notre joie de vivre, il est temps de mettre des choses en place pour le mettre en sourdine.

Points-clé

1. Prendre conscience de la culpabilité quand elle apparaît, c’est déjà faire un pas en avant. Dans une optique de guérison, il est utile de réaliser ce qui se passe en nous et d’apprendre à identifier nos émotions. Lorsque surviennent les doutes, les questions en boucle et la honte, mettons le doigt dessus et nommons-les. Décrypter ses sentiments permet d’en identifier le mécanisme, de mieux comprendre notre propre fonctionnement. Puis d’agir.

2. Accepter ses erreurs : à force de vouloir se plier aux modèles, on finit par croire que les autres ne font pas d’erreurs. Et que du coup, on n’y a pas droit non plus. Or tout le monde en fait, il y a juste que tout le monde le cache, et certains mieux que d’autres. Vous connaissez certainement la phrase suivante : « Les sages ne sont pas ceux qui ne tombent jamais, ce sont ceux qui se relèvent ». L’important, après s’être trompée, c’est de le reconnaître et d’en tirer la leçon. Puis de passer à autre chose.

3. Revoir ses exigences à la baisse : les diktats sociétaux, par leur pression, nous rendent hyper exigeantes vis-à-vis de nous même. Trop exigeantes, avec parfois pour conséquences un burn-out ou une dépression. Apprenons à relativiser : mère parfaite, certainement pas, mais mère suffisamment bonne pour nos enfants, avec ses hauts et ses bas, comme toutes. Même si on n’est pas une compagne toujours à l’écoute ou disponible, quand on l’est, on l’est authentiquement.

Vous avez compris le principe ? : revenir à plus de réalisme, moins de fantasmes sur celle que l’on « doit » incarner. Car cette femme-là, en réalité, elle n’existe pas ! Convaincue ?

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7 Comments

  1. Je partage et vais suivre ces conseils.
    Bisous à toi et à plus sur nos blogs respectifs!

  2. La culpabilité nous informe sur nos ambivalences, nos contradictions et c’est bien sûr source d’angoisses. D’où l’importance, comme tu le soulignes très bien, d’en prendre conscience car notre culpabilité est souvent vue à travers le prisme d’un modèle de perfection auquel les codes sociaux nous soumettent.
    Le principal dilemme repose sur le difficile équilibre à réaliser entre son « moi » et son être social.

  3. cora85

    Je suis en plein dedans ! J’y travaille, j’y travaille…
    Ondine

  4. claireludigreen

    Merci pour ce partage. La culpabilité brouille facilement nos perceptions et peut facilement nous entraîner dans des conflits avec notre partenaire de vie. Etre au clair avec soi et réussir à mettre une étiquette dessus, permet déjà de soulager bien des tensions. Ce profil détaillé est un bel outil.

  5. Merci Claire, en effet, il est important d’identifier ses émotions.

  6. Et si on ne se sent presque jamais coupable… est-ce également pathologique ?

  7. Plus jeune, je culpabilisais pour un rien pour tout à vouloir toujours bien faire. Un jour j’étais trop fatiguée et trop débordée par le quotidien, j’ai fini par me dire qu’à chaque jour suffit sa peine, carpe diem et tout le lexique qui va dans ce sens. J’essaie de bien faire au jour le jour et c’est déjà pas mal…

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