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Trop gentille en amitié ?

Il n’y a pas qu’en amour qu’on peut être trop gentille ! En amitié, parfois, on donne et on pardonne, pour avoir finalement l’impression d’être la seule à s’investir. Dur dur, car l’amitié, c’est aussi une forme d’amour, non ? Décryptage des relations amicales déséquilibrées.

Une belle amitié, c’est quoi ?

C’est une relation dans laquelle les deux partenaires s’épanouissent grâce à la confiance accordée, à l’assurance de ne pas être jugé, au temps passé avec l’autre. L’investissement y est équilibré et n’est pas vécu comme une contrainte puisque les ami(e)s éprouvent du plaisir à donner d’eux-mêmes, en temps, en attention.

Mais l’amitié, comme l’amour, peut être à sens unique. Surtout quand on est dans le rôle de la « fille sympa », celle dont le soutien est indéfectible, qui est toujours là, qui ne dit jamais non.

Finalement, celle qui ne demande pas grand chose mais qui a tout à offrir.

Les filles trop gentilles en amitié sont souvent amères, avec l’impression d’avoir été flouées. Une femme en témoigne sur un forum de discussion : j’ai toujours eu l’impression d’être trop gentille. Que ce soit en famille ou avec des amis, je ne peux m’empêcher de proposer mon aide, d’être la première à prendre une initiative pour résoudre leurs problèmes. Je suis toujours là pour les écouter, pour les réconforter, mais je me rends compte que le contraire n’est pas vrai. A la longue, ça me déprime complètement…

Elle témoigne ainsi très justement du fait que trop de gentillesse mène plutôt à l’abus qu’à la réciprocité. Le problème n’est pas d’être gentil – que serait la société sans la gentillesse ? , mais bien d’être dans l’excès, celui qui fait que l’on ne s’écoute plus soi-même.

Trop gentille en amitié : qu’est-ce que cela cache ?

La psychothérapeute Juliette Allais, dans une interview dans le magazine « Psychologies », le décline en ces aspects : la volonté excessive d’être aimés en retour – fruit d’une mauvaise estime de nous même, mais aussi la difficulté à exprimer nos besoins.

En effet, si le rôle du sauveur nous est consigné d’office dans l’enfance, nous aurons tendance à le reproduire par la suite en étant adultes. En taisant nos besoins au profit de ceux des autres.

Trop gentille en amitié ? C’est le cas si :

• On n’est pas vraiment curieux de vous : on ne se souvient pas des dates importantes pour vous (examen, entretien d’embauche, …). On ne prend pas de vos nouvelles quand un élément important survient dans votre vie, pour voir comment cela s’est passé.

• On ne vous propose pas d’aide quand vous en avez besoin.

• On ne vous propose pas d’activités, vous ne ressentez pas chez l’autre une réelle envie de partager des moments avec vous (envie et non besoin).

• On ne se souvient de vous que lorsque votre soutien ou vos services sont nécessaires, vous avez l’impression que le soutien est souvent à sens unique.

• On vous contacte pour raconter ses soucis, confier ses problèmes. Vous jouez alors les confidentes mais lorsque le contraire se produit, l’écoute est distraite.

Trop gentille en amitié : comment s’en sortir ?

Vous avez pris clairement conscience du problème. Vous avez envie d’amorcer des changements dans votre manière de fonctionner, mais un changement trop brutal ne serait pas judicieux, alors on y va plutôt en douceur :

• Exprimez vos besoins : n’ayez plus peur d’embarrasser les autres avec le fait que vous aussi, avez besoin d’être « nourrie » d’attention, d’écoute, de disponibilité. Exprimez-le avec des mots choisis, en vous affirmant de manière positive et sans reproches. C’est le principe de l’assertivité : la capacité à faire entendre ses droits sans empiéter sur ceux des autres, principe que décrit Thomas d’Ansembourg dans son livre : « Cessez d’être gentil, soyez vrai. »

• Exercez-vous à ne plus dire « oui » trop vite, mais plutôt : « Je vais y réfléchir et te donnerai la réponse très vite. » Pour faire diminuer la pression et voir si on a vraiment envie de d’accepter.

• Persuadez vous que l’amitié, c’est de la réciprocité. Bien sûr, sans comptabilité et dans la spontanéité. Les amis sincères ne calculent pas puisqu’ils s’apprécient mutuellement au point de vouloir faire plaisir à l’autre, de désirer sa présence et la relation s’équilibre alors naturellement.

• Si la réciprocité n’est pas au rendez-vous, il est peut-être temps de faire le point sur ces amitiés : ces relations ont-elles quelque chose à vous apporter ? Dorénavant, pensez également à vous-même en n’acceptant plus d’amitiés inégales. Dites-vous que vous êtes en droit d’attendre que les autres vous manifestent de l’intérêt, de l’attention, de l’écoute. Bref, tout ce que vous avez à leur offrir.

• A défaut d’être écouté(e), écoutez-vous vous-même : de quoi avez-vous envie ? Qu’est-ce qui motive votre décision d’accepter ce que l’on vous demande ? La peur du rejet ou l’envie de faire plaisir à quelqu’un qui vous comble ? …

Parfois, faire le chemin seul n’est pas évident. C’est pourquoi certains thérapeutes ou associations proposent des groupes d’entraide et de parole où l’on exerce son affirmation de soi, dans le respect et sans agressivité. Lors de jeux de rôles, on s’entraîne à dire non, mais aussi à comprendre les motivations de nos décisions. Et ça, c’est le pas royal vers l’autonomie.

Et vous, vous est-t-il arrivé d’être trop gentille en amitié ?

Vous souhaitez partager vos astuces, poser des questions ? N’hésitez surtout pas à laisser un commentaire juste en bas de l’article. Partager, c’est bon pour la santé !

9 Comments

  1. Wendy DPeter

    J’ai donné le lien de ton article à ma meilleure amie… je suis certaine qu’elle apprendra beaucoup en le lisant.
    Toujours des bons conseils ici! 🙂 Bizzzzz

  2. l’amitié c’est aussi compliqué que l’amour, plus peut être, j’ai bien aimé tes conseils

  3. Avant j’étais une trop gentille fille, moi aussi et une super bonne copine.

  4. J’ai été et je suis encore parfois dans le rôle de la bonne copine. Du coup, je m’investis moins dans certaines relations que je juge pas épanouissantes, voire j’ai laissé certaines personnes.Sinon au final, je préfère organiser mes soirées de façon à ce que j’ai envie de faire soient réalisés.
    Bisous à toi!

  5. Je garde cet article sous le coude afin d’appliquer les conseils ! Vraiment bien écrit et tres réel

  6. Super angle d’attaque, c’est vrai qu’on peut être trop gentille dans d’autres sphères de la vie ! Excellente idée, j’adore, comme toujours !

    Léa-Marie

  7. C’est vrai qu’au final, nos conseils se rejoignent ! J’ai été trop gentille en amitié, au collège puis on a tellement profité de moi que j’ai fini par changer et appliquer ces conseils sans vraiment qu’on me les donne. Depuis, je suis très prudente et sélective en amitié, je pourrais dépenser du temps sans compter pour mes amis mais dès le moment où je vois que ce n’est pas forcément leur cas et qu’il n’y a pas autant de bienveillance qu’il le faudrait (dans le sens où il faut un minimum quand même) j’abandonne ! Top l’article !

  8. Tout cela est très vrai. D’une manière générale, que ce soit en amour ou en amitié, l’équilibre relationnel constitue la base essentielle d’une relation épanouissante et positive.
    Merci pour ces bons conseils.

  9. Clara D

    je sais ce qui me reste à faire

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